Alerte sur l'action nationale de formation à la manipulation de prions

25/03/2025

Pour la troisième année consécutive, un responsable de l'équipe où Emilie Jaumain-Houel a été contaminée au travail par le vMCJ, visée par une enquête pour homicide, pilote une formation à la sécurité en laboratoire confiné en contexte prion. 

Depuis 2023, nos alertes sur cette formation, n'ont toujours pas été prises en compte. 

Cette année encore, nous alertons sur :

  • La présence du responsable de l'équipe MAP2 de l'INRAE, dans le comité de pilotage de la formation

Cette équipe fait toujours l'objet d'une enquête judiciaire menée par le Parquet de Paris pour homicide, en raison de la contamination professionnelle par le variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob de notre jeune collègue Emilie Jaumain-Houel, en raison du laxisme et de la négligence de cette équipe en matière de formation et de protection des personnels. 

La présence de l'équipe MAP2 au sein du comité de pilotage de cette formation est totalement outrancière et déplacée. Nous relayons donc et soutenons les indignations de nos adhérents face à cet affichage.

  • L'inadéquation des photographies d'illustration avec la réalité des conditions de travail en L3

Nous soulignons une fois encore que, malgré le caractère incurable et fatal des maladies à prions, les personnels de laboratoire amenés à manipuler ces agents biologiques hautement pathogènes sont très loin de bénéficier du niveau de protection représenté sur les photographies choisies pour illustrer le document de présentation de la formation qui ne correspondent absolument pas aux conditions de sécurité requises en L3, et à plus forte raison dans les « L3* » et les L2 dans lesquels la manipulation d'ATNC est autorisée. Ce point nous paraît d'autant plus important que les prions sont, à notre connaissance, les seuls agents infectieux dénués de prophylaxie et de traitement à pouvoir être manipulés avec un niveau de confinement aussi faible.

La formation des agents amenés à manipuler ces agents responsables de maladies incurables et mortels est un enjeu majeur de sécurité. Si Emilie avait été correctement formée et protégée par l'équipe de recherche sur les prions dans laquelle elle travaillait lors de son accident du travail en 2010, elle serait en vie aujourd'hui. Outre la nouvelle insulte qu'elle constitue vis-à-vis d'Emilie, de ses proches, et de l'ensemble de la communauté technique scientifique touchée par cette tragédie, la participation de cette même équipe à ce type de formation à un autre rôle que celui d'élève est extrêmement inquiétant pour la sécurité future des agents. L'absence d'évolution, depuis 2023 et malgré nos alertes, de cette formation, qui implique les grands instituts de recherche français, n'est pas de nature à nous rassurer quant à la prise en compte de ce risque.